Samedi 28 février 2004

«Le soleil brille, l’eau est turquoise. Seuls quelques grains tropicaux arrivent à point pour déssaler le bateau et nous rafraîchir mais ne durent jamais très longtemps. Entre Marie Galante et les Saintes, au sud de la Guadeloupe, les petits mouillages de rêve ne manquent pas. Et être au ras de l’eau, le visage au vent, ou les pieds dans l’eau chaude, à sentir les mouvements du bateau dans les vagues, c’est tellement agréable… Nous avons fait des arrêts dans des criques dont je me souviendrai longtemps, l’eau limpide dévoilait facilement les dix ou quinze mètres de fond nous tentant cruellement pour des baignades à répétition et des plongées exquises. Tantôt un vieux canon, tantôt des poissons superbes au milieu des coraux ou des étoiles de mers et oursons géants. Sans oublier les Ti’punchs au soleil couchant, et les soirées qui se terminent par des parties de cartes à la lueur des bougies, et par un petit somme allongé sur le pont à contempler les étoiles. Le réveil aussi ce fait sous le soleil… Il n’y a qu’à piquer une tête dans l’eau alléchante pour rejoindre la plage déserte à la nage, débarquer sur du sable immaculé et explorer pieds nus, tels de vrais Robinsons, une île abandonnée où seuls quelques cabris nous attendent au détour d’un chemin.»

            « Nous avons ensuite pu profiter des chutes de Carbet, sans doute les plus connues et les plus touristiques de l’île, mais en version « privée ». Il serait un peu compliqué d’expliquer pourquoi … mais nous étions que tous les trois au pied de ces 110 m de trombes d’eau arrivant dans un grand bassin rocheux. Juste à côté, une source d’eau chaude a fait office de jacuzzi relaxant, le tout agrémenté d’un pique-nique bien français : sandwich au saucisson et au camembert avec un verre de vin rouge… Depuis le temps ! »


 

Par Stéphanie - Publié dans : Extracts of previous travels
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Lundi 2 février 2004

« Il est 09h mais déjà l’air est lourd et humide, le thermomètre affiche 33°C ! L’eau est fraîche, certes, mais une fois dedans, quel plaisir de jouer dans les vagues ! Jamais je ne m’étais autant amusée dans l’eau. Les vagues nous maintiennent en alerte par leur force, le courant est assez fort et le ressac secoue bien la tête. Bref, on ressort sonné mais bien réveillé. Des vendeurs de boissons, lunettes, paréos et brochettes de crevettes fraîches nous proposent leurs produits… »


« Nous arrivons au pain de sucre avant la tombée de la nuit, de quoi admirer les changements de couleurs, la lumière qui baisse, et prend des tons tous différents et plus beaux les uns que les autres. Peu à peu, les lumières s’allument, des petits scintillements des favelas jusqu’aux puissants projecteurs des plages. D’ailleurs, les plages ne désemplissent que faiblement. Nombreux sont encore les joueurs de foot ou de volley qui profitent de l’humidité et des embruns maritimes qui envahissent progressivement le front de mer jusqu’à former une sorte de brume caractéristique. Le marché nocturne de Copacabana propose aux touristes nombre de gadgets et souvenirs typiques, il offre un peu de couleurs au centre de la rue alors que la nuit tombe. »

« Les engins sont montés sur place, ils fixent les derniers éléments. L’accompagnateur nous fait signe, on attache les harnais, on se concentre un peu et se positionne. « Un, deux, trois, RUN… » C’est parti pour un sprint de quelques mètres sur un tremplin descendant et… Nous voilà dans le vide. Pas le temps de prendre peur, l’aile du deltaplane nous porte déjà et sous nos pieds, la forêt tropicale nous offre un fabuleux spectacle. Un léger souffle de vent se fait sentir sur le visage. Nous descendons doucement, planons à l’horizontale, et tournons pour mieux admirer les remarquables propriétés avec piscine cachées dans la verdure. Nous survolons maintenant la mer. Les îles d’en face me font envie, j’irais bien y faire un tour… Les personnes sur la plage deviennent plus distinctes. Plus haut, un autre delta s’est élancé et un parapente le suit. Il est déjà temps d’atterrir. La piste ne sera rien de plus qu’un petite bande de sable sur la plage, à quelques mètres des inconditionnels baigneurs. On pique un peu du nez, on se redresse et on finit en courant, les genoux dans le sable, pas si mal. Que d’émotions… Et que demander de plus que de boire une coco verde bien fraîche, assis à une buvette face à la plage en attendant les copains encore en l’air ou en haut de la montagne ! Sans oublier de piquer une tête dans cette eau si claire pour se rafraîchir et jouer dans les vagues. Le paradis n’est pas si loin… »

« Nous sommes le 02 janvier 2004 et il fait déjà une chaleur lourde et humide sur Rio de Janeiro. Le réveil a été très difficile tant la fatigue se fait sentir. Plus qu’une heure avant l’appareillage et le chenalage de retour dans la baie de Rio. Peu à peu, la ville s’éloigne, les nombreuses montagnes et petits pics aux formes arrondies défilent devant nous. Nous dépassons les frégates brésiliennes, franchissons les passes du Pain de Sucre et nous éloignons définitivement de cette côte superbe. Un  dernier regard en direction de Copacabana, le Corcovado et Ipanema… Route à l’est puis au nord. »

Par Stéphanie - Publié dans : Extracts of previous travels
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Samedi 17 janvier 2004

« La côte était un peu brumeuse pour distinguer le Cap de Bonne Espérance mais ça ne nous a pas empêché de prendre un tas de photos rigolotes sur l’aileron de la passerelle. Je vous l’accorde, on ne voit rien en arrière plan mais nous savons ce qu’il y a à une dizaine de km derrière nous !!! C’est l’essentiel. La nuit fut calme en passerelle, nous étions trois de quart à contempler la lune derrière un rideau de nuages ajouré, illuminant la mer de reflets dorés. Au loin, sur tribord, quelques feux scintillent à éclats réguliers, comme pour nous rappeler que la terre est proche. A l’abri du vent, l’air est tiède, on resterait des heures à contempler ce spectacle et à admirer les quelques étoiles qui brillent dans le ciel. La mer me fascine toujours et je crois que même au bout de six mois de navigation, je ne m’en lasserait pas. Je redoute une seule chose, le débarquement et le retour à la vie sur terre, à Paris, loin de la côte et des bateaux. »

 

            « Beaucoup de verdure, des plantes méditerranéennes, cactus, eucalyptus en fleurs, palmiers, pins parasols… Les fleurs apportent de la gaieté : agapantes par centaines, quelques protées, véritable fierté du pays, sont encore en fleur… La route longe les baies aux plages étroites dont la couleur de l’eau fait rêver. The Boulders, non loin de Simon’s Town méritera un arrêt ; une colonie de pingouins se dore au soleil, à flemmarder sur leur rochers polis par la mer. D’autres restent à l’ombre des broussailles et émettent des bruits singuliers. Rares sont ceux qui se baignent, pourtant l’eau est fraîche, pas plus pas 15°C ! Nous continuons notre périple sur les chapeaux de roue ; nous devrions avoir le temps de pousser jusqu’au Cap de Bonne Espérance. Quelques marches et nous voilà sur cette pointe mythique, à 9298 km de Paris et à plus de 6000 km du pôle sud. Le petit phare rouge domine la montagne et offre une vue splendide sur la côte Atlantique à l’ouest et sur False Bay à l’est. »

Par Stéphanie - Publié dans : Extracts of previous travels
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Jeudi 18 décembre 2003

« Nous traversons désormais la savane : une étendue d’herbe grillée, avec ça et là des arbres tortueux qui sortent de terre. Un espace infini de sérénité. Sur la route, des villages animent le paysage. Des étals de pastèques, citrons ou bananes colorent le chemin. Un coucher de soleil à l’horizon, juste avant d’arriver… Saint Louis, avec ses grandes maisons coloniales aux balcons colorés, nous replonge dans une autre époque. Un dédale de ruelles, et nous voilà au bout de cette langue de terre, à deux pas de la plage, au cœur de l’animation de la fin de journée. Les enfants jouent au bord de l’eau, s’agitent, courent, rient. Les pêcheurs remontent leurs barques colorées sur le sable. Déjà, les poissons sont mis à sécher à quelques mètres de là, sur des enfilades de tables imbriquées les unes aux autres. Les odeurs fortes nous envahissent. La lumière baisse, il fait bientôt nuit. »

« Mercredi 17, réveil assez matinal, il faut encore rouler un peu pour atteindre le parc national du Djoudj, 3ème réserve d’oiseaux du monde. Les Toyotas Corolla auront bien tenu le choc sur ces pistes poussiéreuses où un 4x4 aurait été le bienvenu ! Sur place, une pirogue nous conduit dans un dédale de marais. Beaucoup d’espèces, hérons cendrés, canards siffleurs, mouettes grises, cigognes noires, sternes… Un crochet sur la droite, et un spectacle merveilleux nous attend, nous atteignons le reposoir des pélicans. Ils sont des milliers à décoller et amerrir autour de nous. Un vacarme infernal. Nous ne savons plus où donner de la tête. Leur vol est majestueux : un grand V nous salue d’une 'ola' gigantesque. »

« Il manquait encore une chose à cette excursion du Sénégal, LE baobab. Sur le chemin du retour, nous nous sommes mis en tête de retrouver un baobab énorme au tronc creux que nous avions tous remarqué à l’aller. Imaginez un groupe de français tarés à la recherche d’un baobab perdu au beau milieu de la savane ! Autant chercher une aiguille dans un botte de foin ! Et pourtant, nous l’avons retrouvé juste à temps pour l’escalader et prendre des photos au soleil couchant… Digne d’une carte postale ou d’une photo de Yann Arthus Bertrand. »

Par Stéphanie - Publié dans : Extracts of previous travels
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Mercredi 10 décembre 2003

« Revoir la terre, une impression bizarre que je n’arrive pas encore à transcrire. Et nous ne sommes partis que depuis une semaine ! Que peuvent donc ressentir ces marins qui partent en mer pendant des mois… ? On a l’impression de revenir dans un autre monde, un autre rythme, une autre vie. »

            « Nous reprenons la route et ses lacets pour assister à un coucher de soleil exceptionnel entre deux montagnes. La brume qui planait à mi hauteur à cet endroit a diffusé la lumière orangée dans toute la vallée… Vision apocalyptique superbe avec des branchages en contre jour. La brume se déplace et le spectacle est encore différent. J’adore. Au détour du virage, nouvelle pose. Je ne regrette pas d’avoir un appareil photo numérique. Beaucoup de photos réussies et hors du commun. J’ai déjà hâte de pouvoir vous les montrer… » 


               « Départ matinal. A nous Le Teide. La route qui nous y conduit traverse une forêt superbe. Des pins et eucalyptus couvrent les collines. Le tapis d’aiguilles rougeâtres tranche avec les verts éclatants dans la lumière du soleil levant. Plus haut, la végétation se raréfie. Des sortes de mousse énormes subsistent. Nous laissons la voiture à 2200 m et c’est partit pour l’aventure, une ascension de 1500 m de dénivelé dans la journée, qui nous a fait découvrir des boules d’accrétion noires gigantesques, des pierres énormes mais d’une légèreté étonnante, des sentiers abruptes, des raccourcis interdits, des paysages d’après Big Bang… Les derniers 200m furent les plus éprouvants ; pas facile passer du niveau de la mer à 3700m dans la même journée. Mais ça en valait la peine. La vue était superbe depuis les derniers rochers, blancs d’ailleurs, c’est étonnant. Le vent nous glaçait. Bien sûr, séance photo au sommet, enfin vainqueurs ! Puis nous redescendons dans le trou du cratère. Il n'y a que nous. Au centre, la température augmente nettement, il fait plus moite. Les fumerolles dégageaient leurs vapeurs de souffre. Les cailloux étaient couverts d’une sorte de terre blanche et humide, glissante. Des cristaux jaunes de souffre brillaient au soleil. Photos et encore photos. On n’a pas trop traîné quand même, la descente nous attendait, et on a d’ailleurs fini dans le noir, après un coucher de soleil sur les coulées de lave brunes. »

 

« Ce matin, appareillage pour repartir en mer. Tristesse de quitter la terre. C’est quand même bizarre ces impressions que l'on ressent quand un bateau accoste ou appareille. Pourtant, nous ne sommes pas restés longtemps à quai mais l’escale nous manque déjà. Et puis, quelques heures après le départ, on n’y pense plus, à nouveau heureux d’être en mer, de ressentir le roulis du bateau et de retrouver son rythme de vie. »

Par Stéphanie - Publié dans : Extracts of previous travels
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