The
Golden Gate Bridge, door of the San Francisco Bay, landmark of the arrival.
Deuxième jour de mer et mauvaise nouvelle, le moteur tribord est mort, le circuit d’huile et infesté d’eau, même pas la peine d’essayer de le redémarrer. Il nous faudra maintenant compter sur les bons services du moteur bâbord. Stressant d’ailleurs, avec le froid qui nous entoure un peu plus chaque jour, monsieur devient capricieux et est lent a démarrer… Jusqu’à finalement se mettre en grève à 10 jours avant l’arrivée... Essayons encore une fois, non rien à faire. Ahhhh, plus moyen de recharger les batteries, donc plus d’énergie. Plus de pilote auto, plus de feux de nav ni d’instruments de navigation, plus de radio ni de prévision météo, plus de pompe a eau… Passer en quarts raccourcis, a barrer 24h/24 dans le froid et les embruns, bref, la merde. La perspective de ces réjouissances incite a essayer des tas de choses, et 4h plus tard, Jack et Mike trouve une option salutaire : mettre en parallèle la batterie de démarrage du moteur bâbord avec celle du moteur tribord HS. Ouffffffffff, assez de jus, et un immense cri de victoire. Nous avons tous le cœur léger en voyant notre ‘peine’ s’alléger ; retour à notre routine qui soudainement nous parait bien luxueuse. Tout est une question de relativité !
Steph fine tuning the radio to receiving weather faxes... when is this bloody weather going to stop ?!?
Pas de doute, nous faisons route au nord et le froid se rapproche. De 24°C, l’eau de mer passera a 5°C en 18 jours… Fini les douches d’eau de mer, et il faudra utiliser la bouilloire pour avoir un peu d’eau chaude ; soit dit en passant, la meilleure invention qui soit.
600 miles de l’arrivée : la météo se corse, mais on s’y attendait en cette période hivernale. On a d’ailleurs été chanceux de ne pas avoir vu plus gros. Une dépression descend de l’Alaska le long de la côte ouest américaine, entraînant avec elle un vent glacé. Pendant 5 jours, la cata se bat dans de courtes vagues de 4m qui nous frappent par le travers, et des vents de 40kts ‘on the nose’. Nous avançons avec 4 ris dans le génois, autant dire qu’il ne reste pas grand-chose en toile, mais filons toujours à 5-6kts. Nous entendons des rafales plus fortes siffler sur le gréement, et de temps à autre, une méchante vague épaule le cata, envahit le cockpit, et… inonde l’intérieur. Sentiment d’impuissance à regarder 200L d’eau rentrer dans le carré en 30sec. Prendre les choses patiemment sans s’énerver, et passer l’heure suivante a tout éponger :-) La mer vous rend petit et humble. A grêle frappe les hublots et le pont, les tropiques me manquent. Mais quand cela va-t-il s’arrêter ? On finit pas trouver le temps long. Je persiste et continue à faire de la pâtisserie et du pain frais. Je brevette le « Storm Bread » avec salopette et veste de quart sur le dos, entre deux prises de ris, délicieux :-).
Last day at sea and finally running under spinnaker. Good fun at the helm.
Et finalement, San Francisco est en vue. Nous approchons de nuit, guidés par les feux de chenal et les lumières de la ville qui éclairent les collines. En cette nuit nuageuse sombre, des dauphins jouent, sautent et font la course dans notre étrave, excitant le plancton qui rend leur sillage fluorescent. Magique. Il y a du trafic, Mike et moi avons les yeux grands ouverts pour repérer les porte-conteneurs et cargos qui entrent et sortent de la baie. Une tasse de thé à la main pour se réchauffer, nous nous rapprochons. Et à 1h du matin, nous glissons finalement sont génois sous le Golden Gate Bridge.
Moment chargé d’émotions.
Depuis le temps que je rêvais de passer de l’autre côté du pont…
Symbole magnifique d’une longue traversée du Pacifique.
Fin d’un grand voyage, enfin arrivés à destination.
Et bien sur, immense sentiment de satisfaction et d’aboutissement. Croyez moi, 100 fois mieux que d’arriver en avion.
Je savoure un grand sourire aux lèvres, et les yeux qui pétillent malgré le froid et la fatigue. La baie est un miroir, la ville et ses gratte-ciels apparaissent sur tribord. Direction la marina, nous amarrons notre fidèle vaisseau à 3h du mat, et coupons le moteur. Les oreilles bourdonnent d’entendre ce silence bruyant, dérangeant et déroutant que l’on avait oublié… mais nous nous écroulons tous de fatigue.
Le lendemain sera faste : bière fraîche dès 10h, puis champagne plus qu’apprécié avec les proprios. Une douche chaude délicieuse, un dîner de ‘Dungenes Crab’ frais, du vin et du champagne a gogo, et une nuit dans un grand lit confortable et chaud… Yes, very spoiled.
San Francisco and the bay
Bridge, from Alameda channel.
Drinking champagne with the
boat owners after the arrival, such a treat !
A satisfyied skipper. Well
done Mike !
Back on land, and just about to cook the Dungenes Crabs for a wonderful diner !